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Suis-je vraiment revenue ?



Voici quatre mois que je suis de retour du Camino de Santiago de Compostelle, après deux mois et demi de marche. Et la question résonne encore: "suis-je vraiment revenue ?"


Mon sac à dos comme complice, j'ai parcouru la Via Podiensis du Puy en Velay jusqu'à St Jean Pied de Port puis le Camino Francès jusqu'à Santiago pour finir par la côte Finisterienne espagnole. 1556 kilomètres.

Les mots me manquent encore pour partager avec justesse la profondeur de mon expérience, tant je l'ai vécue comme un rite de passage, initiatique.

Le Chemin continue de me porter, par delà les monts et les vents.

Je ressens encore son souffle m'envelopper et me nourrir de sa magie.

A chaque pas, c'était un peu d'éternité, d'immensité qui s'éveillait à l’intérieur. Avec la Nature comme témoin bienveillant.


J'avançais à l'écoute de mon rythme, respectant les temps de repos et me dépouillant un peu plus chaque jour des vieilles peaux. Je marchais seule la majorité du temps, une façon pour moi, d'être en lien, d'abord avec moi-même et mes mouvements intérieurs et aussi et surtout, pour être entièrement présente aux signes du Vivant, du Sacré et les célébrer par mon silence.



Au fil des kilomètres, je sentais l'union avec la pèlerine à l'intérieur, me reliant ainsi un peu plus à l'Esprit du Chemin. Cette profondeur toute particulière s’est invitée pour moi à partir de la fameuse Meseta en Espagne.


Ses chemins dénudés, ses vallons désertiques ont résonné en écho avec mon désert intérieur. Un espace sacré où tout Est.

Une vibrante caresse qui m'étreint.

L'émerveillement de la rencontre.


Car si le Chemin invite à oser la rencontre avec soi, et avec toutes les formes d'expression du Vivant, il invite aussi à oser la rencontre avec une grande famille de pèlerin(e)s, tout(e)s uni(e)s vers un seul but, marcher.

Le dépouillement de soi continue avec l'autre, avec qui les échanges sont simples, authentiques, profonds… les émotions se dévoilent au fil des pas, avec écoute et confiance.


J'ai été touchée par tous ces élans de fraternité, de solidarité, de générosité. Un bout de fromage partagé près d'un arbre en refaisant le monde. Des partages parfois brefs et en même temps si intenses, vrais. Rien à prouver, juste à être.



Et puis, il y a toutes ces personnes qui s'occupent des hébergements, des "albergues" comme elles sont appelées en Espagne. Je me souviens de ce gîte à Muxia, dernier jour de mon chemin. J'avais marché toute la journée sous la pluie et j'arrive au gîte exténuée. Je suis accueillie par un couple d'une soixantaine d'années arborant un grand sourire.

La dame me dit avec beaucoup d'amour : "Avant de t'installer, tu vas aller manger la soupe que je viens de faire, ça va te faire du bien"...

A cet instant, j’ai reçu tout ce dont j'avais besoin: un endroit au chaud, de l'amour et la meilleure soupe du monde.

Ce chemin est un lieu d'apprentissage de l'amour, vers soi, vers l'autre, et de l'art de donner et recevoir. C'est une expérience de lien où le présent, dans toute sa simplicité est magnifié. Il unit, répare, consolide et abreuve l'âme par sa beauté.

Il y aurait tant à dire… que j'invite à qui le coeur en dit, d'écouter cet appel et d'aller vivre l'Expérience.

Ultreïa. Stéphanie Tirelli






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